samedi, janvier 06, 2007

PETITS PARADOXES ET GRANDS BONHEURS

Le 06/01/07



Mes petits loups,

Je vous ai quittés fin décembre, sur les rotules, avec une seule idée en tête : fêter Noël en famille. Alors une fois n’est pas coutume, je vais dédier cette lettre à ce superbe moment familial au lieu de vous conter mes mésaventures sri lankaises. Mais avant toute chose, permettez moi encore une fois, ou pour certains, pour la première fois, de vous souhaiter tout le bonheur du monde pour 2007, avec en vrac amour, santé et prospérité.

Noël : certains y voient une arnaque commerciale, d’autres une occasion de se retrouver en famille ou encore la célébration quasi religieuse d’un enfant (qu’on dit divin). Noël chez moi est quelque chose de sacré aussi loin que remonte ma mémoire. Ma petite maman a toujours décoré la maison en écoutant les chants de noël et en stylisant de plus en plus sa crèche. Noël c’est la famille et avant tout la famille. On se fait beau pour avaler de manière gargantuesque un somptueux repas. Le sapin regorge de cadeaux (il y a en parfois même trop). Bref, on se retrouve et on passe un bon moment. Mais depuis 24 ans, Noël se faisait en plus ou moins en petit comité, une partie de famille s’étant expatriée au Canada. Alors voilà, cette année, c’est décidé, on se lance et même pas peur, on part au Canada pour un grand Noël familial.

Pour ma part, ce n’est que la traversée de la moitié du monde, une perte de 40 degrés (et oui seulement au final) et quelques heures de décalage horaire (ne me demandez plus combien et dans quel sens). C’est fou, finalement porte à porte, sans stop (mais j’en ai fait un rapide de quelques jours en France) Batticaloa n’est qu’à 26heures de voyage de Montréal, autant dire pas grand-chose…

Premier paradoxe : je mets presque plus de temps en voiture pour faire Batticaloa-Colombo que finalement Montréal-Paris en avion…

24 ans que je n’ai pas passé noël avec cette partie de la famille et entre 4 et 6 ans que je ne les ai pas serrés dans mes bras. Entre temps, les choses ont bien changé, les familles se sont élargies, modifiées pour notre plus grand bonheur.

Je suis arrivée en France et j’ai passé le peu de temps que j’avais à me remettre en forme et me faire une beauté pour la famille et zou, je saute dans l’avion pour le canada.

J’ai beau fermer les yeux très fort et tenter d’imaginer comment se passeront les retrouvailles, je me rends compte que de toutes façons, ce sera encore plus magique. Prendre chaque membre de ma famille dans les bras et les tenir tout contre moi.

Deuxième paradoxe : j’ai quitté Colombo sous la pluie tropicale pour arriver à Montréal sous la pluie verglassante. No comment…

Et là, premier grand bonheur, je serre ma douce cousine dans les bras et on est là comme deux débiles à ne pas réaliser que nous nous tenons l’une et l’autre.

Comment vous expliquer cela : il y a 24 ans, la dernière photo de la bande de cousins, prise un jour de noël, c’était plutôt la galerie des horreurs : pour certaines, la robe en velours marron avec souliers vernis, pour d’autres, les lunettes et les appareils dentaires ou encore la coupe au bol tendance avec frange à la Mireille Mathieu. Et là, nous sommes sur le point de jouer les pères Noël pour la seconde génération.

Pause « humanitaire » comme dirait mon cousin: il me faut du temps pour intégrer cette idée…

Hop, ni une ni deux, nous allons nous isoler en famille pour notre plus grand bonheur.

Un grand chalet perdu au milieu de nulle part et trois tonnes de nourriture pour combler les bidons de la vingtaine que nous sommes.



Quatre jours de folie, parce qu’avec la famille (et les amis qui font partie de la famille), c’est simple, c’est naturel. On n’a pas besoin de trop de chichis, les papotes sont les mêmes en pyjama ou en costume/cravate. Et puis, c’est comme si on s’était quitté la veille…

Je vais essayer de décrire un peu mieux mes sentiments : c’était comme faire une sortie astrale (sortir de son corps et planer).
N’allez pas croire que je carbure sous quelques euphorisants bon marché.
Mais voyez-vous, j’avais ce sentiment d’être à la fois actrice de ce qui se jouait et en même temps, spectatrice extérieure. Je regardais ma petite famille évoluer autour de moi et je n’avais pas besoin de plus pour être heureuse. Pourtant j’ai aussi participé à cette grande réunion. Oh je sais, je ne suis pas du genre à crier des grands « je t’aime » aux gens qui comptent dans ma vie mais cela ne veut pas dire que cela n’est pas tout remué en dedans.

Et puis voilà, nous avons parlé et préparé ce noël pendant des mois et bouh, c’est déjà fini. On refait nos valises, on se fait des becs à la québécoise et on remonte dans l’avion. Cinq jours plus tard, je retraversais la moitié du monde pour retrouver Batticaloa, le programme et les équipes.

Parfois, je me dis que tout ce que je vis est un rêve éveillé. Je suis aussi à l’aise et pleine de repères à la maison en France qu’à Batticaloa. Comme si l’une et l’autre étaient liées. Et les évènements vont tellement vite que finalement on n’a pas le temps de perdre ces repères.

J’ai adoré ce petit tour du monde en trop peu de temps et même s’il ne fut pas de tout repos, je ne l’échangerai pour rien au monde.

Dernier paradoxe ? J’ai appris au Sri Lanka qu’un tsunami d’eau était meurtrier, j’ai découvert au Canada qu’un tsunami d’amour vous rend plus fort.

Je termine cette lettre sur deux pensées : l’une pour une petite crevette qui bien au chaud dans le ventre de sa maman occupe déjà une grande place dans la famille, l’autre, et bien en cette nouvelle année, une fois n’est pas coutume, je m’en vais revêtir mon costume de donneuse de conseils pour vous dire tout simplement que la vie est un rêve, il ne tient qu’à nous pour en faire une réalité.

Bon les petits loups, c’est bien beau tout cela mais je m’en vais vaquer à mes occupations.

Prenez soin de vous où que vous soyez.

Bisous

Audrey

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Heureuse année à toi ma toute belle!

8:45 AM  

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